Benjamin Lapeyre

Figure bien connue du TOP 14 depuis plus de dix ans, et presque autant de clubs, Benjamin Lapeyre est à première vue un baroudeur du rugby cé-fran comme il y en a tant. Accent du sud-ouest, beau gosse et discret. Mais si on se donne la peine d’aller plus loin, on découvre un être à part. Attachant, très rugby d’avant. Parlez-en à ses partenaires ou aux supporters pour qui il était très souvent le chouchou de l’équipe. Ils vous répondront gentillesse avant tout le reste. Humilité aussi. Qui a joué avec les plus grands sans jamais se prendre pour un autre quand tant d’autres n’étaient personne et se prétendaient géants. Qui a connu un nombre incalculable d’embûches mais qui s’est toujours relevé, sans chercher de coupable. Ils vous raconteront des anecdotes de fond de bus, d’autres sur sa passion inchangée malgré les années. Mais ils ne vous auront pas tout dit.

Niveau ovale, on fait pas plus enfant de la balle que toi, Benjamin. Car la transmission remonte à très loin. A 1924, plus exactement. En plein noir et blanc. Le Castres Olympique en détient une preuve, une de ses plus vielles photos d’archives d’ailleurs. Sur cette photo, on peut imaginer (car je l’ai pas vue pour être honnête) l’arrière-grand-père Lapeyre, Pierre, moustaches affirmées et maillot en coton trop large. Ensuite, il y a Christian et Yves, tes oncles, deux générations après. Le premier, demi de mêlée, le second, dirigeant après avoir joué au CO mais aussi à Toulon. Un marin, voyageur au long cours. On descend encore l’arbre généalogique et on y trouve ton père, Roger, quincailler de métier et troisième ligne de devoir. Epoque « rugby cassoulet » selon ses dires, quand on bossait la semaine et qu’on s’envoyait le week-end sur les terrains. Lors de sa première saison en 1980, il a sauvé le club, le CO il s’entend, de la relégation et neuf ans plus tard remporté le titre de champion du groupe B, l’équivalent de la Pro D2. Blessé lors de la fameuse finale de 1993 qui a terrassé les Mammouths de Grenoble comme un astéroïde, il était assis en tribunes, comme toi et le reste de la famille. Tu avais six ans et tu en conserves tout plein de beaux souvenirs, c’était la fête et ça a chanté jusqu’à tard. Dans la famille CO, je demande ta mère, Christine, employée du club pendant des années. Speakerine, en charge des relations avec l’équipementier ou des équipes jeunes, elle a jonglé avec les casquettes. Enfin, ton frère Jean-Baptiste, de cinq ans ton cadet, qui a quitté le centre de formation pour tenter sa chance plus bas, Lourdes, Graulhet puis Revel.

            Drôle comme ton parcours a pris un peu de chacun. De ton frère, le départ du club au niveau des espoirs, de ta mère le côté touche-à-tout, de ton père une accession en première division, une finale en tribunes et une absence de sélection pour l’équipe de France, de ton oncle Yves un passage à Toulon. Comme si tu étais un résumé du destin familial.

Même si tes parents ne t’ont jamais mis la pression, difficile d’échapper à l’addiction familiale. Inscription à l’école de rugby du CO à 4 ans, progression naturelle, année après année. Les matchs à Pierre Antoine pour supporter ton père le week-end, les entraînements avec les copains en semaine. Autres temps autres mœurs, à cette époque le rugby n’était qu’un jeu, pas un plan de carrière avec agent et contrats à parapher en quinze exemplaires. Même à Castres, bastion d’ovalie. Pour preuve : quand la maîtresse t’a affirmé que, non, on ne pouvait pas faire rugbyman comme métier. Militaire, huissier, oui, mais pas rugbyman. Né en 86 (très grand cru) tu as fait partie de la dernière vague de gamins uniquement guidés par la passion. Désormais, les minots surveillent ce qu’ils mangent, ce qu’ils boivent. Talentueux et patient, tu as gravi une à une les marches du haut niveau jusqu’à ton premier match avec l’équipe première. C’était en 2007, année chabalistique où un grand barbu a fait connaître ce sport aux ménagères de moins de cinquante ans.

            Pas désiré à Castres, il y a eu un départ pour Albi l’année suivante, Pro D2 puis TOP 14, il y a eu Toulon, le Racing, La Rochelle, Brive, un coup de Pro D2 avec Béziers, de joker coupe du monde avec Castres. Puis maintenant, l’attente d’un contrat pour prolonger le plaisir. Ça en fait des cartons à remplir et vider, des nouvelles combinaisons à assimiler ! Treize ans de professionnalisme, notamment chez des cadors du Top 14 mais tu ne comptes aucune sélection. Rien de déshonorant, bien sûr, des types comme Jérémy Sinzelle ou Gaëtan Germain n’en ont pas non plus malgré la continuité dans les performances. Pas qu’une question de talent puisque d’autres ont été capés avec moins de mérite. J’explique, et ça ne tient qu’à moi, cette absence de coq sur la poitrine par plusieurs facteurs.

Benjamin version Galactiques

Au tournant des années 2010, le rugby français marchait sur la tête. La politique des clubs se résumait à une course aux étoiles, et tant qu’à faire, étrangères. Il fallait des stars et encore des stars pour blinder les stades, vendre des maillots, des loges, appâter le sponsor, faire rêver les gosses, élargir son public et, éventuellement, gagner les matchs. Des stars au top de la pop, des stars en pré-retraite, des stars sur une jambe (sait-on jamais, s’ils retrouvaient la deuxième sur le terrain…), mais de la star à foison. Pour les dirigeants, un joueur français n’avait d’intérêt que s’il était installé de longue date dans le championnat, international ou très jeune et à fort potentiel. Alors, débarquer d’Albi à 25 balais dans le club le plus ambitieux de la décennie, c’était pas gagné. D’autant que l’image du gentil garçon réservé te collait à la peau. Celle du p’tit gars sympa avec sa coupe de surfeur. Pas le genre à déclarer le torse bombé ne vivre que pour l’en-but adverse. Un type bonnard, pas bling-bling ni Baby Black, plus belotte dans le car et sourires aux supporters. Or, s’attarder auprès des fans qui se pèlent depuis une heure pour un selfie, car « il faut bien renvoyer tout ce qu’on reçoit », pèse beaucoup moins au moment de signer un contrat qu’une hyperactivité sur les réseaux sociaux ou dans les pubs. Et qui dit beau contrat dit plus grande pression sur l’entraineur, quel qu’il soit, pour rentabiliser le salaire. Sporent, la boîte de comm’ que tu as montée pour accompagner les rugbymen dans la gestion de leur image, leurs rapports aux partenaires, en voilà une chouette idée ! Dans un monde idéal, tous les joueurs seraient au même niveau en comm’, pour que seul le terrain les départage.

            Manque de pot, ton image de mec discret collait avec ton profil, lui non plus pas dans le vent. Dans un rugby youtubisé, il ne sert à rien pour un arrière/ailier d’être trop complet : bon en attaque, sous les ballons hauts, en défense, au pied. Le veau d’or célèbre les « bulldozers », les « funambules », jamais loin, d’ailleurs, du stéréotype racial. A quoi bon faire un boulot propre tout au long du match quand les médias ne retiendront que l’action de l’autre ailier qui a mis sur le cul six défenseurs ? Les Gif se foutent bien que ce même joueur ait perdu trois ballons au contact et coûté à lui seul un essai. La culture du buzz. As-tu seulement eu ta chance avec Toulon, le Racing et la Rochelle ? La chance qui a été donnée à des joueurs comme Palisson, Hernandez ou Murimurivalu de pouvoir passer à côté d’un match mais d’être alignés au suivant et systématiquement durant les rencontres à enjeu. Plus vendeurs, plus international pour attirer les caméras de Canal. Sportivement, tu n’étais pourtant pas si loin d’eux. Courant après le temps de jeu, tu as trop bourlingué pour t’inscrire dans la continuité. Le mieux, selon toi, aurait été deux ou trois clubs, mais tu n’as pas eu le choix si tu voulais toucher du ballon.

On peut dissocier ta carrière en deux blocs : Albi, Brive et Béziers ou tu as enquillé les feuilles de matchs et le reste. D’autant plus rageant que c’est dans les clubs où tu as moins joué que tu étais en âge de postuler pour le bleu de France. Petite analyse de comptoir, il semble que le vrai Benjamin Lapeyre se soit retrouvé à Brive. Dans cette deuxième partie de carrière, on te sent plus racé, plus puissant. Un Benjamin Lapeyre bad cop. Cartons jaunes et boule à zéro. Plus bosseur que durant tes jeunes années, plus à cheval sur la préparation physique, l’alimentation. « On s’entraîne mieux vieux, on se repose moins sur ses acquis ».  Mais pas facile de faire pencher la balance du destin à trente ans au compteur quand on joue pour Brive puis que la deuxième saison c’est la relégation et que les transactions capotent. Alors, tu as rejoint Béziers un peu en catastrophe. Puis un contrat de joker coupe du monde avec Castres et depuis mi-novembre tu es à la recherche d’un club. Parce que le rugby tourne pas rond, qu’on n’est pas encore sorti du tout-étoiles. Qu’on s’en branle du long-terme et que l’amour du maillot c’est bien beau mais ça rassure pas les actionnaires. Qu’on fait venir des types des quatre coins de la planète dès qu’un joueur a un ongle cassé pendant que des mecs qui ont donné leurs lettres de noblesses au ballon ovale attendent le dégel pour qu’on daigne les appeler. Et merde !

Positif par nature, tu retiens le meilleur de chacune de ces expériences. A Castres, version 1.0 : le plaisir partagé avec les copains, chez toi, dans le club familial. A Albi : le goût du terrain, la confiance des entraîneurs. Deux saisons pleines, une montée à la fougue avec une bonne bande de mecs. A Toulon : avoir côtoyé ce qu’il se fait de mieux sur la planète, Giteau, l’instinct, l’aisance animale, Wilkinson, le travail, l’abnégation, le travail encore. Ta fille, Anna, le plus important, qui est née sur les bords de la rade. Au Racing : de grands noms aussi, les Dimitri et consorts, les matchs amicaux à Hong Kong pour un avant-goût de 7, de folie au lointain. A La Rochelle : un bon groupe, des mecs sympas. Puis son public de passionnés qui a fêté en octobre son cinquantième match à guichets fermés. A Brive : tes deux saisons sportives les plus abouties, avec à chaque fois une quinzaine de titularisations. Notamment la première où vous ratez de peu les play-offs. A Béziers : avoir terminé tambour battant une saison mal engagée du fait d’une signature tardive. Et le stade de la Méditerranée, le club aux 11 Brennus, pas rien pour un passionné, surtout si son père y est né. A Castres version 2.0 : retourner là où tout a commencé. Même si pour dépanner, même si joker coupe du monde. Enfin, il s’agissait probablement du meilleur groupe sur le plan humain que tu as côtoyé. A ce propos, jamais tu ne dissocies sportif et humain, toi qui t’es toujours baladé, électron libre, entre les différents groupes au sein des équipes : îliens, latinos, français, jeunes français, anglo-saxons, Afrikaners etc.  Fédérateur serait le terme exact, électron-libre ça fait celui qui se fout de tout.

On attend ton prochain défi avec impatience, car quelque chose me dit que ce match de Challenge Cup dans un stade gallois aux lignes de foot mal effacées ne sera pas le dernier de ta carrière. La suite ? Une équipe américaine, le 7 ? Perso, j’ai hâte de savoir.

La tournée du patron

S’il fallait retirer une expérience, les Barbarians, sans hésitation. Cette équipe qui conjuguait le rugby à la passion lors de tournées en dehors du temps. Difficilement explicable aux néophytes, les Barbarians étaient une sélection nomade, sans stade, sans entraîneur ni joueur sous contrat, portée vers le grand large et la camaraderie et qui affrontaient des équipes nationales lors de tournées épiques. Barbarians, c’était surtout un état d’esprit et des joueurs qui partageaient ces valeurs. Quelque chose que le rationalisme pro ne comprenait pas. Un kiffe total. Avec ce maillot, tu as battu les Japonais et les Argentins, petite lueur dans les yeux : tous les internationaux français ne pourront pas en dire autant. Ces trois tournées chez les Barbarians ont systématiquement été couronnées de succès. 5 sélections, 6 essais, pardonnez du peu. Tu devais te sentir plus libéré, entouré de copains, l’odeur des vestiaires de ton enfance sans la pression abominable du haut niveau. Cet âge d’or est terminé puisque la fédé a décidé d’en faire la réserve de l’équipe de France. Fini, donc, le côté foutraque, tout pour l’attaque. Un des derniers bastions de l’amateurisme a cédé. Ce maillot, sûrement encadré près de la cheminée, n’en aura que plus de valeur.

Alors Benjamin, aucun regret ? Aucun. Si, un. Gros comme une défaite en finale. Celle de 2012 contre Toulouse avec le Toulon qui allait dominer l’Europe les trois années suivantes. La mode est à la crête du côté de la rade, toi aussi tu t’y es mis. 12-18, il vous faut un essai transformé pour faire basculer le match en votre faveur. Il reste moins de quatre minutes et vous poussez, les Toulousains, asphyxiés, reculent sous vos coups de boutoir. On sent que le KO peut arriver à tout instant. Touche dans les cinq mètres adverses, lancer RCT. Le ballon est capté dans les airs puis le maul s’effondre à quelques centimètres de l’en-but. Tillous-Borde écarte grand côté, l’essai semble proche. Wilkinson, Giteau, Giteau pour David Smith qui se trouve juste avant toi sur la ligne d’attaque. Ça aurait été à ton tour, qui sait, un crochet et tu offrais la victoire aux tiens, mais ton coéquipier échappe la balle de façon incompréhensible. Mêlée pour Toulouse. Rideau.

Le portrait ne serait pas complet si on n’évoquait pas ta maladie. La pelade qu’elle s’appelle, ta maladie. Tu m’en as parlé, j’ai pas tout saisi. Auto-immune, une cannibalisation de son système immunitaire à ce qu’il paraît. Rien de grave, jusque que ça fait perdre les cheveux, les poils avec stress. Et le sport de haut niveau ne se vit pas sans stress. Sans qu’ils se doutent de rien, les spectateurs ont vu ta chevelure mi-longue de surfeur se clairsemer étrangement, sur les côtes, la nuque. A cet âge, pas cool de perdre ses cheveux par grappes, surtout quand on les a toujours portés longs et blonds. Plus ça allait et plus c’était visible. 2012, à l’ère des réseaux sociaux, ça a commencé à cancaner. Un gros con qui se prétendait carte de presse s’est amusé de toi, parlant dans son papier du « moine-surfeur ». Dans les forums où la bêtise se mêle à l’anonymat, on a repris le jeu de mot. Agacé plus que blessé, tu as envoyé un communiqué de presse plein de second degré et d’autodérision pour parler de ta maladie. Ça a fermé le clapet de tous ces petits malins. Plus inattendu, des inconnus t’ont contacté via Facebook pour te remercier de leur avoir fait prendre conscience qu’ils n’étaient pas seuls. De quoi être sacrément fier ! J’dis ça j’dis rien, mais les assos de soutien aux personnes victimes de la pelade auraient bien besoin d’un parrain charismatique pour sensibiliser sur la question… Dès que tu auras terminé ta carrière, tu pourras te traiter à la cortisone, ce produit jugé dopant, et revoir ta crinière repousser, ta barbe se densifier. Quoi qu’il en soit, cette maladie aura fait la personne que tu es et on gardera l’image de tes coupes de cheveux complètement punks. En ça, tu resteras unique. Attachant.

Pour peu qu’on découvre l’homme derrière le numéro 15 (ou 11, ou 14), le mot passion saute aux yeux. Tu es un boulimique de passion, d’engagements. La raison pour laquelle tu as changé tant de fois d’horizons, c’est la passion du jeu. Tu as fait sauter ta dernière année de contrat avec Toulon (qui allait tout rafler l’année suivante, tout), avec le Racing (qui allait être champion l’année suivante). Le jeu plutôt que le contrat. La passion, toujours elle, qui t’a poussé à t’intéresser au bateau, à la moto, au poker, aux langues, à la plongée, au cinéma, au bricolage, à la chasse. Tellement, tellement qu’il « faudrait vraiment que je fasse une todo list quand j’aurais le temps ».

            A la fin de ta carrière, tu rempliras ta valise de maillots de bain et d’une partie de ta todo list. Si la curiosité te guide dans tout ce que tu entreprends, c’est le voyage qui condense le mieux ce sentiment. Ta fille par la main, tu partiras pour l’Australie, les Etats-Unis ou le Brésil. Un peu d’inconnu, d’aventure. Mieux : en Amérique centrale pour claquer une bise à Joe Van Niekerk, le légendaire capitaine de Toulon, reconverti maître yoga dans le vert de la jungle costaricienne. Peut-être que tu tomberas amoureux des lieux. T’installeras un an ou deux ou juste pour la saison. Tu découvriras la médecine par les plantes, tout un tas de remèdes traditionnels pour étoffer ta palette de curiosité. Barbotant sur une planche de surf avec ta fille à tes côtés, tu lui expliqueras la différence entre les teintes de bleu du ciel, du turquoise de l’océan. Qu’elle sera loin cette histoire de moine-surfeur ! Tu construiras même un cabanon les pieds dans l’eau, comme sur les cartes postales, tu l’appelleras Anna, Ovalie, ou comme tu voudras. Des amis de passage viendront s’y reposer pour la vue et le sport à l’air libre. Un grand bol de pur avant de retourner à son train-train quotidien.

Retour vers le tur-fu

            De retour au pays, tu reprendras les rênes de Sporent qui aura fleuri entre temps. Vu la demande, pas étonnant. On t’a aussi proposé d’être agent, une option pas dégueu que tu envisageras avec intérêt. Avec le recul de ton parcours en zigzags et ta connaissance complète du milieu et des cultures qui composent le rugby, ton CV attirera les clubs à la recherche d’un jeune entraineur qui en veut. Qui d’autre pour transmettre cette flamme, ces valeurs ? Leur signaler les pièges dans lesquels tu es tombé ?

Si tous les astres sont alignés, c’est à Castres que tu poseras l’ancre. Tu as rajouté après lecture de ce texte que l’idéal serait Toulon pour te rapprocher de ta fille. Qu’est-ce que vous avez tous à vouloir saboter mon final ? D’abord Dadu, maintenant toi… Restons sur Castres, si ça te dérange pas. Que tu boucles la boucle dans cette ville qui te ressemble. Etymologiquement ville fortifiée, on comprend à la lueur de son passé pourquoi son club de rugby, le « petit poucet du TOP 14 », continue à trouble-fêter le banquet des ogres du championnat. Les légions de César, les hommes du pape face à l’insurrection cathare, le Prince Noir durant la guerre de Cent Ans. Le massacre des Huguenots quelques temps plus tard. Puis la peste, le feu. Rien n’a été donné aux Castrais. Général de cette équipe d’irrésistibles Gaulois, tu conduiras le CO à son prochain Brennus. Les yeux embués, tu soulèveras le trophée à la face du monde. Saison 2024, champion : Castres Olympique. Les moustaches en guidon de vélo et le cheveu plaqué en arrière, tu ressembleras furieusement à ton arrière-grand-père qui, un siècle plus tôt, a posé les fondations de la dynastie qui a marqué, génération après génération, l’histoire de ce club pas comme les autres, lui non plus.

Jérémie Schwartz, le 1er décembre 2019

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