Je suis né en l’an de grâce 1986 dans une ville engloutie que l’on appelait Paris, dans son avant dernier arrondissement pour être exact. J’y ai grandi, aîné d’une grande fratrie, entre grisaille et cordon-bleu, culture et vivre-ensemble.

Suite à une brillante scolarité sanctionnée par un Baccalauréat mention admissible, j’ai bifurqué vers la sociologie. Je voulais connaître mes congénères, le pourquoi de leur comment. Voulant changer le monde depuis tout petit, je le trouvais un poil sale, je me suis décidé pour un Master d’humanitaire dont les locaux se trouvaient à l’intérieur du jardin exotique de Vincennes, anciennement bâti pour l’exposition coloniale et depuis dévoré par les mauvaises herbes.

Comme stage de fin d’études j’ai choisi les Andes et l’Equateur. Quelle claque! Peu après, j’ai monté une association, Proyecto octubrino, destinée aux enfants de l’école où j’avais mené une longue enquête de terrain. En quelques mois et autant de désillusions, l’asso fermait ses portes. Quelques années plus tard, je me suis lancé dans un projet nébuleux mais à la fois très concret : un guide de voyage communautaire pour l’Equateur : Ecuadormío. Las, j’avais vu trop grand. Fort de cet échec, j’ai embrigadé un ami, pauvre de lui, dans une startup à destination des Equatoriens d’Europe. Encore raté.

Depuis 2012, je sévis dans un établissement public qui me permet de remplir le frigo de caviar et de mauvaise bière. Disons que ça a un rapport avec les réfugiés et qu’on y traite les demandes d’asile. J’y ai rencontré ma femme, je n’en dirai que du bien.

L’amour de l’écriture m’est venu à 31 ans, à l’arrivée de mon second enfant, allez savoir pourquoi. Instantanément ce mal devint obsession, les aiguilles de la nuit qui défilent trop vite, les réveils nauséeux, je ne m’éternise pas, d’autres l’ont mieux relaté que moi. Après plus d’un an et demi de ratures, mon recueil, riche de sept nouvelles, était fin prêt. Terres impromises, le premier jour du reste de ma vie. Nan, trop bateau. Terres impromises, mon dernier caprice. Voilà qui est mieux.

Pour vous faire une idée de mon premier texte: