Dadu, le rugby avec des SI

Des joutes boueuses de la troisième division française à la gloire avec la sélection géorgienne, David Dadunashvili, dit Dadu, a tout connu du rugby. Passeur d’époques, il a défriché les routes de l’exil pour découvrir les sommets et retomber aussi vite dans l’anonymat. Il aurait pu jouer dans les meilleures équipes, il aurait dû participer à trois coupes du monde au lieu d’une, même épique. Sa carrière comme un conditionnel. A trente-huit ans dont plus de la moitié sur les terrains, c’est un monument bien gardé de ce sport qui prendra sa retraite l’année prochaine. Ou peut-être la suivante. Une histoire de déracinement, de malchance et de souvenirs à hauteur de mêlée.

Aussie Stadium, Sydney, le 24 octobre 2003. Coupe du monde de rugby. L’horloge du stade indique la 53° minute et tu t’apprêtes à lancer en touche dans le camp adverse. Face à tes 21 ans et à l’inexpérience de ton équipe, les golgoths sud-africains qui remporteront le trophée quatre ans plus tard. Des légendes blondes à la langue râpeuse, des stars au sommet de leur art. Dans un enchaînement limpide, parti d’un lancer en touche dans le camp adverse, un groupé pénétrant s’effondre dans l’en-but. Le marqueur d’essai se relève, exulte. C’est toi, Dadu. Ta joie et celle de tes coéquipiers est à la mesure de l’exploit. C’est le premier essai de l’histoire de la Géorgie en Coupe du monde, elle qui participait pour la première fois à cette compétition. Derrière l’écran, un pays découvre ses héros. Le moment est à l’éternité.

Mais avant de parler ballon et compétition, il y a un pays, la Géorgie. Difficile à trouver sur une carte, le Sakartvelo est compressé entre les géants russe et turc, acculé vers la mer Noire par l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Des montagnes hautes et pointues pour voir l’ennemi arriver au loin et se réfugier en cas de repli. Jusqu’ici, tout est clair. Mais plus on se penche sur ce petit pays, plus il s’échappe à notre raison. Situé en plein cœur du Caucase, on le prendrait sans mal pour un cousin méditerranéen. Des vignes et des églises, des cigales et des plages de galets. Les choses se compliquent encore si on s’intéresse aux Géorgiens, peuple vieux comme le monde à ce qu’il paraît. Trois millions et leur propre alphabet, composé de lettres bulleuses sorties d’un grimoire poussiéreux. Une langue qui nomme son père mama en enchaînant les consonnes à la vitesse des cigarettes en terrasse. Kargad brdzandebodet pour « aurevoir », rares sont les étrangers à s’y risquer. Encore plus d’étrangeté en géopolitique puisque la terre de naissance de Staline, le lieu de villégiature préféré de l’intelligentsia soviétique se révolutionne depuis 15 ans en Atlantiste farouche, bien au chaud sous le parapluie de l’OTAN. Un Etat moderne qui parle ouvertement Europe et manie l’anglais avec zèle tout en vénérant ses popes. Culturellement, aussi, autre bizarrerie. Difficile d’imaginer qu’un peuple si conservateur laisse ses femmes déambuler, fières et féminines, sur les trottoirs des grandes villes et célébrer les chansons populaires en dansant parfois à la manière des hommes. Singularité culinaire, puisque le vin y est rouge depuis trois millénaires et que pour l’accompagner, on parsème ses plats salés d’éclats de grenades bien mûres. Sportivement, enfin, avec cette passion unique dans la région pour le rugby, liée sans doute à la pratique du lelos, une soule qui se joue depuis la nuit des temps à l’ombre de vos montagnes. Comme un symbole, un trait d’union, l’équipe nationale de rugby se nomme Lelos.

Ruelle de Koutaïssi

Tu es né dans la chantante Koutaïssi en 1982, au centre et plutôt à l’ouest de la Géorgie. Deuxième ville et ancienne capitale dont l’histoire remonte à l’antiquité et à des royaumes oubliés. Les rues y sont pavées, des statues et des immeubles en pierre de

taille, on dit que la vita y est dolce et l’accueil plus que chaleureux. Au coin d’une rue peut surgir un marché d’où se dégage l’odeur d’herbes aromatiques et de noix pilées, ici les sens sont une affaire à ne pas prendre à la légère. Ton père était musicien, il a longtemps écumé les mariages avant de bifurquer en serrurier. Ta mère s’occupait du foyer, de toi, de ta sœur aînée. Ta jeunesse, tu l’as passée à cheval sur la chute du mur, époque bâtarde où tous les chats sont gris. Comme pour le reste de l’ex bloc de l’est, l’indépendance a amené son flot d’injustices et de galères. L’électricité était le luxe de quelques instants, alors quand elle arrivait, tout le quartier la célébrait, ça sifflait, ça criait au vent, tu t’en rappelles ? Les mauvais garçons tenaient le haut du pavé, lunettes de soleil et belles bagnoles, ils étaient le respect, la réussite. Quels étaient les autres modèles pour les jeunes de l’époque : ancien apparatchik devenu libéral ? Ancien démocrate devenu nationaliste ? Certains de ces gamins sont devenus des vory v zakone, les fameux voleurs dans la loi à la peau parsemée de tatouages claniques, la majorité, des voyous à la petite semaine. Contrairement aux autres, l’argent facile ne te faisait pas rêver, et de toute façon il y avait le rugby.

Votre rencontre a pourtant tout du hasard. Ou du destin, à voir. A quatorze ans, un ami t’a proposé de venir à un entraînement. Le rugby ? C’est quoi ça ? Grâce à toi et aux autres, nul Géorgien n’ignore aujourd’hui ce qu’est ce sport étrange. La solidarité entre frères d’armes, les pelouses bêchées par les crampons de deux centimètres, sympa, non ? Et tu as progressé. Très vite. Du gamin un peu bouboule, tu es devenu un roc, puissant et mobile. Au début dubitatifs, du genre « les études avant tout », tes parent t’ont poussé à suivre la voie ovale. A 17 ans seulement, tu jouais pour l’AIA Koutaïssi le club de ta ville, plusieurs fois champion à l’époque soviétique. Tu as sué sang et eau, gagné du muscle et ce qu’il faut de ruse, jusqu’à surpasser tes aînés, ces amateurs. Les sacrifices sur les sorties, les copains, ont porté leurs fruits puisque tu as été appelé pour défendre ton pays, – de 18 puis – de 19.

Eté 2000. Le bac en poche et inscrit à l’université de droit, le destin a enfilé le tablier de ta mère alors que tu te trouvais dans le jardin des grands-parents. « Dépêche-toi, allez viens. » « Mais pourquoi ? » « Tu pars en France ». Ce fut soudain. Renversant. En quelques minutes tu repassais chez toi, bouclais ta valise, remplie de tout ce que tu avais, donc de pas grand-chose. Savais-tu en montant dans l’avion que c’était presque un adieu à la mère patrie ? Tu as été l’un des tout premiers Géorgiens à partir pour l’hexagone, pionnier parmi les pionniers du Grand Ouest. Ça paraît banal aujourd’hui, mais il en fallait du courage pour tenter sa chance aussi loin. L’Europe pouvait bien être un mirage, après tout, quels témoignages aviez-vous ? Depuis, des centaines de Géorgiens (des milliers ?) ont foulé les pelouses de France et d’ailleurs. Sans vous, notre belle discipline serait plus consanguine, tellement Commonwealth. Comme le Fidjien qui funambule près de la ligne de touche, le Géorgien dur au mal nous apporte une bouffée d’exotisme. Car à voir vos gueules patibulaires du mec fâché qui descend de sa montagne, on bascule dans un autre espace-temps. Celui des matchs en noir et blanc, du maillot en coton de Jean-Pierre Rives maculé de sang. Le cheveu ras pour ceux qui en ont encore et les bras vierges de tatouages tribaux, pas vraiment le genre métrosexuel ou hipster à moustaches. A vous entendre, et c’est très rare, on a confirmation. Valeurs, famille, église, traditions, respect des anciens, pas des mots pour rien. Le rugby de papa à l’intérieur du capitalisme transfrontalier. Sans doute pour ça que vous êtes tant appréciés.

Sans notion de français ni d’anglais en poche, tu t’es envolé pour la France et Martigues Port de Bouc au tournant du siècle. Une de tes plus belles années si ce n’est la plus colorée. La découverte de l’ailleurs, d’un rugby plus aiguisé. Sans oublier la tendresse des bagarres générales, Bedarrides Rugby si tu nous regardes. L’économie de ton sport n’était pas le mastodonte qu’elle allait devenir, comme salaire c’était logé-nourri et 150 euros de royalties. Preuve supplémentaire de cet entre-deux, quand tu as dû retourner au pays et jouer au Batoumi RC le temps d’obtenir le visa nécessaire puis de signer à Nîmes, en troisième division. Loin des Clermont et des Toulouse, du rugby d’élite qui commençait à remplir les stades. Mais c’est bien en tant que joueur de Nîmes que tu as commencé à être sélectionné chez les Lelos. Quelques semaines plus tard, ta vie basculait.

Je t’imagine bien raconter à tes arrière-petits-enfants cette coupe du monde irréelle à l’autre bout du monde. 2003 paraîtra bien bas depuis leurs voitures volantes mais ils t’écouteront avec fascination. Ta titularisation à un poste inhabituel face à un cador du circuit, votre résistance féroce malgré les kilos, malgré la marche du très haut niveau. Ton essai légendaire dans ce stade grand comme une ville. Le bruit. La fureur. Leurs yeux brilleront de mille feux et ils t’en demanderont, t’en redemanderont jusqu’à ce que ton épouse leur dise de te laisser tranquille. Que tu es fatigué et qu’il est l’heure de se coucher depuis une heure au moins. Confortablement coincé dans ton fauteuil de patriarche, tu te replongeras en solitaire dans tes souvenirs encore intacts de cette coupe du monde.

Dadu en 2003

Une histoire de copains déjà puisque du squad des Lelos qui partit pour les australes, tu comptais deux amis d’enfance, Irakli Giorgadze et Avto Kopaliani. Puis l’Australie, l’Australie putain ! Sydney, Perth, rien à voir avec Koutaïssi ou les villes endormies du sud de la France. Manque de chance ou bizutage règlementaire, vous êtes tombés dans la poule de la mort. L’allée des snipers de Sarajevo. En amuse-gueule, les bouchers samoans, en entrée les Anglais qui soulèveront le trophée quelques semaines plus tard, les ogres sud-africains en plat principal puis petit dessert à l’uruguayenne, à votre portée mais contre qui vous arriverez cramés. Qu’importe, votre participation pleine de courage valait mille victoires au rabais. N’est-il pas vrai qu’en plus d’inscrire ce fameux essai, tu as foulé la même pelouse que la légende Sir Johnny Wilkinson et que tu as envoyé en touche la fusée Jason Robinson ?

Entre deux ronflements, tu pourras retourner en 2007, le jour où tu as marqué trois essais contre la République Tchèque pour un score final brejnévien de 98-3. Ce match a fait de toi l’un des détenteurs du record d’essais inscrits dans un match pour un joueur du XV géorgien. Pas rien d’être adoubé par Wikipédia.

Mais l’autre souvenir impérissable de ta carrière restera le match légendaire contre la Russie, deux ans seulement après la guerre gagnée sans effort par le voisin du nord. En quelques jours d’un mois d’août étouffant, la Géorgie a définitivement perdu deux provinces et une certaine forme d’illusion. Un blessure encore fraîche quand est arrivé le match contre les Russes pour le Tournoi des VI Nations B sur terrain neutre à Trabzon, en Turquie, dans un stade entièrement dédié à la cause rouge et noir. Parenthèse : pourquoi du noir sur le maillot si votre drapeau est rouge et blanc ? Bref. Si chaque confrontation avec les Russes accouche d’une victoire géorgienne, tout autre résultat serait catastrophe. Dans une ambiance délirante, la victoire a été nette et sans bavure, 36-8. Joueurs, staff, supporters, vous avez célébré ce succès comme une finale de coupe du monde. C’est en héros que vous avez traversé la frontière turque, transperçant une foule des grands jours. Le délire s’est poursuivi le lendemain quand le pompier pyromane d’alors, Michail Saakachvili, vous a reçu en grande pompe au palais présidentiel pour vous décorer de la légion d’honneur. Un dicton prétend que le foot n’est pas une question de vie ou de mort, que c’est bien plus que cela. Ce 23 mars 2010, une bande de solides caucasiens a démontré que le rugby, aussi, pouvait se charger d’histoire.

Parlant passé il y aura d’autres souvenirs impérissables, vos déplacement en Sibérie dans un climat tout aussi sibérien, la camaraderie sous toutes ses accolades avec différentes générations de joueurs. Car les Lelos partagent bien plus qu’un écusson. De quoi ne jamais s’ennuyer avant la sieste.

Peut-être qu’une noix de regret surgira entre deux souvenirs sucrés. Car, tu ne le diras pas, mais tu n’as pas eu le parcours en club que tu méritais. Les délices de la célébrité avec l’équipe nationale n’ont représenté que des alinéas à tes contrats dans le relatif anonymat de la Pro D2 et de la Fédérale. Après Martigues et Nîmes – un équipe de cons, de racistes, mauvais délire – il y a eu Valence, Massy, Périgueux, Tarbes, Massy (encore), Tarbes (encore) et enfin Beauvais, en Fédérale 2 depuis deux saisons. Au fait, tu ne serais pas le seul joueur pro à avoir fait deux fois la navette entre deux clubs ?

Pour expliquer que ta quarantaine de sélections chez les Lelos au poste le plus concurrentiel ne t’ait pas offert le sésame pour le TOP 14 ou au moins la Pro D2 de manière durable, cette rencontre avec un intermédiaire peu scrupuleux à une époque clé de ta carrière. Ou peut-être le fait de n’avoir, hormis ce malheureux précédent, jamais fait appel à un agent.

Il y a ensuite ton refus de rester en Australie après la coupe du monde pour jouer dans l’antichambre du Super Rugby. Trop loin, trop pas anglophone. La chance du haut niveau ne repassera pas, c’est comme à.

Question d’époque aussi. Quand tu as débuté, les Géorgiens étaient une main d’œuvre bon marché, des besogneux, pas des stars à la Gorgodze. De même, l’ascenseur ne montait presque jamais de Fédérale jusqu’à l’élite comme ça arrive aujourd’hui. 

D’autre part, ton peu d’intérêt pour les compléments alimentaires à l’heure des rugbymen bodybuilders. La seule fois où tu en as acheté, la boîte a périmé dans le placard.

Plus significatif encore, les blessures qui ne t’ont jamais laissé en paix, t’écartant par trois fois des terrains durant une saison entière. 2012, 2013 et 2018, soyez maudites. Qu’est-ce qu’on bouffe le matin pour surmonter une année de rééducation loin des ballons ? Ainsi, ce match historique contre la Russie, c’est en survêt que tu l’as vécu, la faute aux cervicales. Blessure toujours, celle qui est arrivée au pire moment, juste avant la coupe du monde 2007 qui se déroulait en France. Ton autre chez toi. Tu en parles un pincement aux rides. La fatalité, voilà tout. Et si ton corps n’avait pas cédé lors de ce match préparatoire ? Peut-être que tu aurais marqué un autre essai contre l’Argentine, créé de peu l’exploit face aux Irlandais. Que tu aurais tapé dans l’œil d’un recruteur d’un club de l’élite, Bayonne, Castres, va savoir. Avec des si… Comme d’autres (peut-être plus que les autres car beaucoup s’arrêtaient au moindre bobo) tu as joué blessé, fracturé, strappé. La liste de tes blessures serait trop longue, disons juste que tu as joué pété une grande partie de ta carrière.

Dernière explication à ton absence de club digne de tes quarante sélections : la poisse, tout simplement. Dans les petits papiers du sélectionneur Tim Lane, tu aurais dû connaître les honneurs d’une seconde Coupe du monde. Celle en Nouvelle-Zélande de 2011 à laquelle n’importe quel joueur aurait donné un rein, rien que pour rentrer sur le terrain. Las, la Fédération l’a licencié un an avant le mondial et tes espoirs de Nouvelle-Zélande se sont évaporés comme un long nuage blanc. Deuxième Coupe du monde qui te filait sous le nez.

Mais de quoi se plaindre au final ? Même si Pro D2 ou Fédérale, tu garderas un paquet de beaux souvenirs. Les montées, les matchs au couteau. Les futurs grands que tu as côtoyés, Judicaël Cancoriet, Teddy Iribaren, Sekou Macalou et surtout Matthieu Bastareaud, le plus doué, le plus incompris de sa génération. C’est à Massy, ton club d’adoption, que tu as rencontré Gvantsa, ta femme, ton âme-sœur, ton agent du quotidien. Le plus important, bien avant le ballon. A Massy, toujours, que ton aînée Nino a vu le jour, entre les tours de cette banlieue dortoir, fière de sa gare TGV mais surtout de sa fabrique à champions.

Tu sais que la fin est pour bientôt, tu recules l’échéance. Si tu rempiles l’année prochaine, ça te fera vingt ans de mêlées. Le bel âge pour arrêter. Arrivera bientôt ton dernier match, le dernier discours de ton coach. Les dernier bruits de crampons sur le carrelage, le tunnel où on respire de grandes bouffées de testostérone. Lors de ton dernier tour de terrain, tu applaudiras le maigre public du stade Pierre-Brisson de Beauvais, flaques de couleur disséminées dans les travées de béton. Quel souvenir remontera à la surface ? Je parierais sur un patchwork d’émotions, mêlant le sourire de ta mère et ton essai d’anthologie, ton premier plaquage et l’avion qui t’a conduit vers la France.

Qu’est-ce que tu aimerais faire après cette ultime rencontre ? Entraîneur pardi ! Tu as passé les diplômes et les offres ne devraient pas manquer. Bien que le rugby ait tellement évolué depuis tes débuts, ta passion reste intacte. Le rugby fric, le dopage, les sifflets contre sa propre équipe et les comportements de diva ? Très peu pour toi, tant pis pour eux. C’est probablement en  Géorgie que tu poursuivras ta vocation. Car vingt ans loin de chez soi, ça pèse sur le cœur. « On a raté beaucoup de choses de nos familles ». Qu’importe la syntaxe, l’essentiel y est. Puis tu iras également pour les valeurs et l’éducation que tu veux inculquer à tes enfants.

J’ai été déçu que tu me dises que si retour il y a, il s’effectuera dans un appartement de Tbilissi. Pour que ma chute soit belle, il aurait fallu un retour aux sources, à Koutaïssi. J’aurais mis une petite touche d’émotion, sorti ma guitare imaginaire pour tricoter un air de là-bas. J’aurais imaginé votre trajet en taxi depuis l’aéroport à regarder à travers les vitres et à trouver que la route, le moteur, les oiseaux, tout était différent cette fois. Les bras chargés de bagages vous seriez rentrés dans une grande et belle maison avec des tuiles rouges et une légère odeur de poussière. Tu aurais ouvert les lourds volets en bois qui auraient grincé de plaisir. Dans la rue, un marché, des klaxons. La vie quoi. Ton épouse se serait rapprochée de toi, tu aurais posé tes pattes sur les épaules de tes enfants. Dans un silence précieux vous auriez respiré la vue.

Enfin chez soi.

Jérémie Schwartz

Une réflexion sur « Dadu, le rugby avec des SI »

  1. Je ne sais pas comment on dit destin en géorgien mais en tout cas voilà un texte fort intéressant. Ca fait voir le rugby autrement, merci à vous,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *